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Chroniques

L'abc de la papeterie, selon Baltic Club

19 août 2019

Dans leur atelier de Montréal, Brice et Mélanie de Baltic Club transforment le papier brut en mille objets de papeterie colorés et bien pensés. Entre leurs mains expertes, de simples feuilles deviennent des affiches inspirantes et des carnets pour noter les secrets.

Fabriquer des articles de papeterie de A à Z est un travail de longue haleine. «Pour passer de l’idée au produit fini, il faut compter en général trois mois. Parfois, cela prend deux semaines; il nous a même déjà fallu un an ou deux pour les projets les plus complexes», explique Brice. Tout est fait à la main : Mélanie est l’idéatrice derrière les motifs, alors que Brice fait naître le produit final.

Les 5 étapes de fabrication

1. Le choix du papier

Baltic Club achète son papier auprès d’un grossiste ou d’un moulin des Laurentides; ce papier, un produit 100 % québécois, est fabriqué entièrement au biogaz et est certifié FSC et Rainforest Alliance. Ces deux certifications attestent la bonne protection des écosystèmes forestiers, des espèces fauniques rares ainsi que de la biodiversité. «Le choix d’un papier écologique et local est essentiel pour nous.»

«On récupère le papier en grandes feuilles et on part de là pour la transformation. On utilise du papier naturel, non lavé et non blanchi (donc sans acide), composé à au moins 30 % de fibres postconsommation recyclées. C’est un papier très doux et très lisse, idéal pour nos créations!»
 

2. Lidéation et le prototypage

Une fois la matière brute en main, Mélanie et Brice se mettent à l’idéation. «On fait des croquis à main levée à l’ordinateur, puis on prépare les fichiers et on imprime dans notre studio sur du papier déjà coupé.» Il faut parfois plusieurs essais avant d’arriver à un prototype fonctionnel, qui réplique l’idée de base.

«Il y a toujours une part de notre travail qui est consacrée à la recherche et au développement. On fabrique beaucoup de prototypes, car les matériaux sont différents et nous avons plein d’idées pour combiner des couleurs, des matériaux, des assemblages… On a toujours trois ou quatre projets en R & D en permanence à l’atelier.» 

3. Limpression

Lorsque Mélanie et Brice sont satisfaits de leur prototype, ils passent enfin à l’impression. Pour les petites quantités, ils impriment directement dans leur atelier. Lorsqu’il y a du volume, c’est à un imprimeur de Rosemont qu’ils font confiance. Les impressions sont ensuite ramenées à l’atelier pour la découpe et l’assemblage.
 

4. Lassemblage

«Découper et assembler, ça représente 75 % de notre travail!» Comme tout est fait à la main, c’est l’étape la plus chronophage. Le papier imprimé est découpé à la guillotine, mais les retailles ne prennent pas le chemin de la poubelle! «On en jette très peu : bien sûr, on les recycle, mais on en donne aussi à des amis, ou on en fait d’autres produits comme les cahiers seconde chance, composés exclusivement de retailles d’autres projets. On les réutilise aussi dans nos prototypes.»

Selon le projet, Mélanie et Brice peuvent faire de l’estampage à chaud, en appliquant des logos ou des designs en feuille d’or, d’argent ou en pellicule irisée, chauffée sur des plaques de métal.

Allemande, cousue, à plat, spirale : toutes les reliures peuvent être réalisées sous les doigts talentueux du duo de designers. Encore une fois, les carnets sont reliés minutieusement à la main. Leurs coins sont délicatement arrondis, les cahiers sont réunis en ensemble et sont fin prêts à être emballés.

5. Lemballage

Dans un souci écologique, Brice et Mélanie cherchent de plus en plus de nouvelles avenues pour limiter les déchets d’emballage. «On supprime progressivement nos emballages en plastique pour les remplacer par des produits compostables, ou alors nous n’emballons pas du tout. Les tubes de carton pour les affiches sont consignés à notre boutique de Montréal et on se tourne de plus en plus vers des papiers 100 % recyclés.» Ensemble, ils animent aussi des ateliers de fabrication lors desquels ils expliquent les bonnes pratiques de réutilisation du papier dans la création de livres, de carnets de notes et de cahiers à dessin.

«Pour nous, c’est naturel de nous approvisionner de source durable. Dans notre esprit, on ne peut pas faire autrement. Ça fait partie de notre ADN. Nos clients le demandent aussi et ça ne change pas grand-chose au prix. Tout le monde est gagnant, autant les clients que l’environnement!»

Mélanie et Brice de Baltic Club sassurent que leurs cahiers et carnets soigneusement faits main puissent durer encore longtemps. Une page et un arbre à la fois.

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