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Une entrevue avec Kathryn Bowen

15 avr 2020

Établie à Toronto, la jeune designer Kathryn Bowen redonne ses lettres de noblesse au vêtement avec des coupes précises entre tradition et modernité. Rencontre avec une créatrice de talent.

Pourriez-vous nous décrire votre première expérimentation avec la mode?

En fait, cette introduction a eu lieu grâce aux femmes de ma famille. Mon arrière-grand-mère, ma grand-mère et ma mère pratiquaient toutes la couture. Ma mère était d’avis que c’était une compétence importante à nous enseigner, à moi ainsi qu’à ma sœur jumelle. Ça n’intéressait pas ma sœur, mais ça me plaisait réellement. Au début, c’était difficile. Cependant, petit à petit, j’ai développé un intérêt pour la confection de vêtements et j’ai commencé à consulter des magazines de mode. Ensuite, j’ai étudié au Royal College of Fashion de Londres, où j’ai appris à maîtriser davantage cet art. J’ai récemment hérité de la machine à coudre de mon arrière-grand-mère ; elle est transmise de génération en génération et est actuellement exposée dans mon studio. 

Quand avez-vous décidé de lancer votre propre griffe?

Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai travaillé pour plusieurs designers londoniens. J’ai passé deux ans aux côtés de Yang Li et j’ai beaucoup aimé cette expérience. Grâce à celle-ci, j’ai découvert différentes techniques de couture et j’ai appris en quoi consistait la mode de qualité européenne. Je serais restée avec lui plus longtemps, mais mon visa a expiré. À mon retour au Canada, je ne voulais pas travailler à nouveau pour d’autres designers. Sur la scène locale, je n’arrivais pas à retrouver cette excitation, ce bouillonnement qui vient avec la transformation d’un vêtement classique en une version inédite. J’ai alors décidé de démarrer mon propre projet.


Mes créations sont empreintes de nuances. On retrouve de nombreux détails remarquables, énormément de polyvalence et d’adaptabilité. Vous pouvez donc vous amuser et porter une pièce de deux ou trois façons différentes.

J’ai officiellement lancé ma griffe en 2018. 

Quelle est votre étape préférée dans l’élaboration d’une collection?

La phase de développement, à mi-chemin de la recherche, lorsque je réalise les prototypes et expérimente avec eux. Je suis une personne très organisée, donc je m’attends à ce que le processus de conception soit rapide. Cependant, je fais souvent cinq prototypes pour une seule pièce puisque je la coupe et la recrée un nombre incalculable de fois. J’aime passer beaucoup de temps à ajuster le design. C’est la partie la plus importante pour assurer sa longévité. La durabilité est une préoccupation majeure au sein de l’industrie de la mode. Il est essentiel d’utiliser des surplus de tissus, mais également de créer des vêtements qui dureront plus longtemps que ces surplus. Pour moi, il est crucial de concevoir des pièces qui survivront à l’épreuve du temps.

Quelle est votre source d'inspiration principale?

C'est presque subconscient. Je consulte différentes sources afin de m'inspirer, mais, la plupart du temps, j'adopte une approche très traditionnelle. J'aime faire référence à des vêtements obsolètes. Je m'intéresse aux artefacts et aux antiquités ; des objets qui étaient utiles dans le passé, mais qui sont aujourd'hui désuets. Revenir à quelque chose qui était autrefois magnifique est une source d'inspiration majeure pour moi.

En cette période d'isolement, pourriez-vous nous recommander une recette, un livre, un album et un mantra, si vous en avez envie?

Depuis quelques semaines, je cuisine des recettes à base d'aliments végétaux. Le chili végétalien est ma préférée. Je l'ai faite environ quatre fois au cours du dernier mois. Le secret est de faire cuire le tofu séparément et de passer autant de temps à le cuire que le chili.

Principalement la littérature classique : Franny et Zooey de J.D. Salinger et Augustus de John Edward Williams.

J'écoute beaucoup de musique classique ; des artistes tels que Wim Mertens et aussi des artistes féminines alternatives branchées comme FKA Twigs et Grimes. Ces deux styles musicaux m'accompagneront à travers la quarantaine.

Lorsque je me sens dépassée, je me répète souvent : « Je vais simplement m'enfuir ! » Je sais que cela ne semble pas très optimiste, mais je commence à rêvasser un peu à ce sujet et ce répit m'aide à prendre du recul et à me reconnecter avec le présent de façon plus positive. 

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