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Quand l'influence familiale transforme le futur

8 mai 2018

La beauté est synonyme de pouvoir – surtout lorsqu'il s'agit
d'une approche subtile envers la consommation durable comme la magnifique
et céleste collection de Bronwyn Seier, originaire de Winnipeg.


Nous avons vu le futur et s'il est influencé par cette jeune créatrice, récipiendaire du prix Simons de l'étudiant en design de mode des CAFA et candidate à la maîtrise au London College of Fashion,
il sera durable, conscient et merveilleusement bien coupé.
 


Bronwyn, comment ton histoire d'amour avec la mode a-t-elle débuté?
 
Mon amour de la mode est légèrement secondaire à mon besoin de créer.
J'ai eu la chance que ma grand-mère m'enseigne à coudre dès mon enfance. J'ai aussi l'esprit assez mathématique lorsque vient le temps de concevoir des structures ; j'ai commencé à créer mes patrons sans aucune connaissance et en faisant beaucoup d'expérimentation. J'adore créer des choses, non seulement parce que c'est la façon ultime d'exprimer ma créativité, mais aussi parce que cela me donne une appréciation accrue de tout ce qui est fait de matière artisanale.

Qui t'influençait à ce moment-là, et qui t'influence maintenant?

Ma première influence, professeure et mentor était ma grand-mère. Ma mère m'a aussi influencée, et elle est ma personne préférée à habiller. Au-delà de mon cercle immédiat, je suis influencée par les designers comme Molly Goddard, Kym Ellery et Faustine Steinmetz. En ce moment, les artistes militants comme Lucy Orta et Ai Weiwei m'inspirent beaucoup également.
 

Crédit photo : @Bronwyn_seier

Comment décrirais-tu ton style personnel?

Je m'habille d'une manière très simple.
J'adore le « slow fashion » et investir dans des pièces de qualité.
Les vêtements que je porte le plus souvent sont les pièces que je me suis faites moi-même au fil des années, mais elles ne sont pas aussi criardes que celles que j'inclus dans mes collections. 

Parle-nous de ta collection : d'où vient l'inspiration pour la direction de tes designs?

Ma collection est née de l'idée que si les gens savaient comment leurs vêtements sont faits,
ils leur accorderaient plus d'importance. Il s'agit d'une approche subtile envers la consommation durable. De plus, je voulais présenter cette idée d'une belle façon. Je me suis assurée d'utiliser des tissus équitables ou invendables, et les fils de broderie proviennent d'une boîte à couture ancienne. L'idée est d'illustrer la beauté de l'artisanat et le labeur de la production
à travers des mots et des images brodées.

Pour qui crées-tu?

J'imagine mes designs pour une version plus raffinée de moi-même. J'aimerais que les femmes qui portent mes créations ne tiennent pas compte des tendances et recherchent l'originalité et la beauté dans leurs vêtements. Je veux habiller des femmes peu conventionnelles, mais confiantes. 
 

La mode a changé avec les médias sociaux et l'internet.
Selon toi, où s'en va la vente au détail?

Je ne suis pas tellement dans l'air du temps, alors je ne crois pas que mes prévisions soient nécessairement fiables. MAIS, si je voulais être optimiste, je dirais que le futur de la vente au détail se trouve dans l'économie du partage. Les bibliothèques de vêtements et la transparence sont les idées d'affaires qui m'intéressent le plus à l'heure actuelle.
 

Quelle est ta plateforme sociale préférée et qui aimes-tu suivre?

Instagram est ma plateforme sociale principale. Je m'en sers pour suivre ma famille et mes amis, car j'habite loin de la maison. Mais c'est aussi formidable pour trouver de l'inspiration mode et créative. Il est difficile de choisir un seul compte. Récemment, j'ai découvert @zerowastememes, que j'adore, et j'aime aussi beaucoup @popmyeyes et @petrafcollins. 

Que signifie pour toi être une designer canadienne?

Ayant vécu à l'extérieur du Canada – brièvement à Melbourne, et maintenant à Londres – je suis profondément consciente qu'être Canadienne est une partie importante de mon identité. Même si en ce moment, j'habite à l'étranger, mon référentiel a été formé par Winnipeg et Toronto. Au-delà de la géographie, je crois qu'il y a une certaine nature forte et amicale innée chez les Canadiens et je m'efforce de la conserver. 

Imagine-toi cinq ans dans le futur. Où es-tu et que fais-tu?

Il est difficile de dire où je serai dans cinq ans au niveau géographique. Pour ce qui est de mon occupation, j'espère créer une carrière non conventionnelle qui combine le design de mode avec mes autres passions et métiers : l'art, l'écriture et le design graphique. Je travaillerai toujours dans le domaine de la responsabilité environnementale et éthique en mode, car c'est vraiment
au cœur de ce qui me motive.

Selon toi, quel est le rôle du designer face à la montée des stylistes personnels?

Les stylistes ont des compétences que je n'ai pas. Lorsque j'ai soumis ma collection au défilé de Ryerson, les éléments qui me stressaient le plus étaient les bijoux, les chaussures, les coiffures et le maquillage. La relation entre le styliste et le designer est très semblable à celle qui existe entre les designers d'intérieur et de meubles : l'un est la force créative derrière les pièces individuelles, et l'autre doit tout lier ensemble de manière impeccable.
 

Quel est ton plus grand moment de fierté?

Mon acceptation au programme de maîtrise Fashion Futures au London College of Fashion
était un grand moment pour moi. L'entrevue a été assez ardue et l'offre, inattendue. Il y a aussi la fois où un de mes mannequins, Safia Minney, une militante de la mode écologique, m'a commandé un vêtement. Ces deux occasions me semblent être des moments importants dans ma vie. Mais ayant vécu un peu partout dans le monde, il y a d'autres moments importants qui se présentent,
comme trouver un endroit où habiter dans une ville étrangère, ou donner les bonnes indications
à un touriste pour la première fois.
 


De quoi ne pourrais-tu pas te passer?

Le café, les choux de Bruxelles, les jeans noirs à taille haute, Adobe Illustrator,
l'houmous, et ma sœur.
 

Que signifie ce prix pour toi?

Je me sens tellement honorée. C'est vraiment excitant d'avoir été reconnue par l'industrie canadienne. Et comme la collection adresse les répercussions de la mode, cela me donne le sentiment que l'industrie de la mode canadienne dit « oui » à la durabilité. 

Depuis mon retour à l'université pour ma maîtrise, ma thèse est assez spéculative et théorique,
alors j'ai hâte de travailler avec Simons pour me remettre dans le bain du design de mode et pour apprendre au sein de l'industrie.

Félicitations encore, Bronwyn!

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