Aller au contenu principal
Membres Les Simons :
livraison gratuite dès 50 $ d'achats* et retours gratuits

Blogue

Rencontrez les artisans, découvrez leur savoir-faire, partagez leur passion.

Zoom sur les marques coup de cœur, les histoires inspirantes et nos événements phares.

En vedette

Ester Manas : une taille pour toutes!

26 mai 2021

En exclusivité nord-américaine chez Édito 

Émergente et ingénieuse, la griffe belge Ester Manas propose une mode inclusive, durable et rafraîchissante! Comment? En révolutionnant le concept de taille unique : un seul vêtement renferme en lui-même un maximum de tailles, grâce à des systèmes qui lui permettent de s'adapter à toutes les silhouettes en fonction des morphologies, du temps qui passe et du corps qui change. Un concept complètement nouveau qui habille des femmes de tout acabit!

Elle-même taille plus, Ester trouvait difficilement chaussure à son pied. La proposition mode de qualité était plutôt faible pour son gabarit et c'est ce qui lui a donné envie de créer une mode inclusive qui célébrerait les corps et les femmes considérés hors normes par l'industrie. La grande révélation du concept de taille unique ajustable, c'est en feuilletant un catalogue IKEA que la créatrice l'a eue. Plus précisément, devant une image présentant une table à rallonge. C'était la clé : une rallonge! Il n'en fallait pas plus pour lancer la designer et son acolyte, Balthazar, dans cette grande aventure qui allait transformer notre perception du vêtement. En mode solution, le duo explore, étudie, élabore, construit — littéralement! — un prêt-à-porter complètement repensé. 
 

« Je suis absolument convaincue qu'aujourd'hui, pour faire la différence, il faut un produit intelligent! » - Ester Manas 

Go BIG or go home!

C'est à La Cambre, une école d'art francophone de Belgique, que les destins d'Ester Manas et de Balthazar Delepierre se sont liés. Elle étudiait en mode, lui, en typographie et en communication graphique. Rapidement, Balthazar s'est impliqué dans les travaux d'Ester, pour ne plus jamais s'en dissocier!

Si, à cette époque, on ne parlait pas d'inclusivité dans la mode, le duo a dû se battre pour que le projet de fin d'études d'Ester, baptisé Big, puisse voir le jour. Faire défiler des tailles plus, ça n'avait jamais été fait et c'était un pari risqué que le corps professoral n'était pas certain d'endosser. Juin 2017, jour du défilé. Les premières notes de Run the world (Girl) de Beyoncé annoncent le début du spectacle. Les filles s'élancent sur la passerelle et, contre toute attente, sont accueillies par une foule de 1 500 personnes en délire, debout, applaudissant et hurlant. « On se serait cru dans un stade de foot! », se remémore Ester, rejointe en entrevue par vidéoconférence. « Quand je vais mal, je regarde encore cette vidéo », confie la designer. Un véritable triomphe qui ne fait que confirmer au duo qu'il est sur la bonne voie. 

S'en suivra une succession de petites et grandes victoires, dont une place parmi les finalistes du H&M Design Award, un franc succès au Festival de Hyères, où Ester et Balthazar ont remporté le prix des Galeries Lafayette, ainsi qu'une nomination en demi-finale au prestigieux prix LVMH. Un début très prometteur pour une griffe émergente en marge des standards! 

Recherche et développement

L’appui et l’enthousiasme de l’industrie envers leur démarche d’inclusivité ont poussé Ester et Balthazar à approfondir leur concept. Les designers, obnubilés par l’aspect « solution » de leurs créations, abordent la conception de vêtements adaptatifs de deux façons.  

 

Tout d'abord, en se servant des codes déjà présents sur les vêtements. Dans cette approche, c'est la typologie des pièces qui guide les designers. Par exemple, ils utiliseront judicieusement les boutons et les boutonnières, détails iconiques de la chemise, en les positionnant à des endroits stratégiques pour faire bouger le vêtement et lui permettre de s'adapter à différentes silhouettes. Si la blouse est plus fluide et féminine, c'est avec des cordons au col, aux manches, à la taille et sous la poitrine qu'ils trouveront des façons d'agrandir ou de rapetisser le vêtement. Sur un jean, le duo déplace et multiplie le bouton afin de pouvoir plisser la ceinture et confectionner une taille facile à ajuster. 

Pour leur gamme de pièces froncées, par contre, l'approche est très différente. La cliente n'a aucune manipulation à faire, car tout a déjà été pensé dans la construction à la base! 

Une fois les échantillons créés, Ester et Balthazar étudient le résultat en les enfilant à la chaîne sur la quinzaine de bustes qui meublent leur atelier, tous conçus par Ester avec des mesures et des formes très différentes. « On observe ce qui se passe, où ça tire, où ça prendrait de l'embu, et s'il y a de l'embu, on se demande si ça fonctionne aussi bien lorsque le vêtement est ramené sur un plus petit corps », explique la designer. Des tests qui peuvent parfois s'étaler sur plusieurs semaines, comme dans le cas des pièces en maille, pour lesquelles le défi était de trouver la combinaison parfaite de fil et de point permettant au tricot de s'étirer puis de se détendre, sans se déformer. 

Un aller-retour qui permet de perfectionner et d'optimiser chaque pièce afin qu'elle sied à un large éventail de silhouettes. « On a bien conscience qu'un vêtement n'aura jamais le même rendu d'une taille à une autre. La taille unique, c'est aussi accepter ça », explique Ester. « Le vêtement a été essayé et redessiné tellement de fois que sur chaque corps il sera beau et flatteur! »


Durabilité et responsabilité

Si la griffe crée une mode inclusive et innovante, il est aussi crucial de parler de son souci de créer une mode responsable : un enjeu tout aussi actuel et important aux yeux des créateurs. 

Le concept de taille unique de la griffe est un excellent point de départ! Parce qu'il entraîne une production plus restreinte (la griffe n'a pas besoin de confectionner des vêtements dans un large éventail de tailles), mais aussi parce qu'il permet d'augmenter la durée de vie des vêtements. Étant donné qu'ils s'adaptent au corps qui change, au poids qui fluctue avec les années ou lors d'une grossesse, les vêtements Ester Manas vous suivront toute votre vie. Ils pourront même être transmis de génération en génération et être portés par la personne à qui ils seront légués, peu importe sa morphologie. Une idée qui plaît particulièrement à la designer!

Au-delà de ce concept, la griffe pose des actions concrètes qui tendent vers la mode la plus durable et responsable possible, et elle y parvient en grande partie grâce aux tissus qu'elle préconise. Plus de 80 % des matières qui entrent dans la confection des vêtements Ester Manas proviennent de surplus de tissus engendrés par l'industrie, ce qui diminue considérablement l'empreinte écologique de la griffe. Les 20 % restant, par exemple pour la confection des jeans ou pour la production de tissus arborant les imprimés développés par la marque, ne renferme que des fibres recyclées.  

Enfin, tous les vêtements de la griffe belge sont fabriqués localement, à Bruxelles, dans un atelier de réinsertion professionnelle où des citoyens en perte d'emploi prolongée et des immigrants nouvellement arrivés peuvent y apprendre la couture et donc, un nouveau métier!

Les incontournables

Depuis le lancement officiel de la griffe Ester Manas en février 2019, la marque jouit d'une si grande popularité que certaines de ses créations accèdent déjà au rang de pièces signature! 
 

La robe en maille

« Cette pièce, c'est de la magie! », s'exclame Ester. Peu couvrante, cette robe audacieuse a rencontré un réel succès auprès de la presse, mais aussi auprès des nombreuses femmes qui la portent avec fierté et assurance.  

Les pièces froncées 

La popularité des pièces froncées, très moulantes et colorées, déconstruit la croyance selon laquelle les femmes fortes cherchent à se cacher et à dissimuler leurs rondeurs. Et Ester s'en réjouit! « Je crois qu'il y a une réelle envie de s'aimer et de se montrer, alors c'est pour ça que nos pièces froncées fonctionnent très bien. » 

Le t-shirt à message

Pour les femmes plus réservées qui n’ont pas envie de montrer leur ventre ou pour celles qui ne peuvent s’offrir des pièces plus dispendieuses, c’est une façon plus accessible et tout aussi engagée d’affirmer qu’elles font partie de ce groupe, de cette sororité et qu’elles défendent cette même idée!

Superhuman

À une époque où les grandes marques de mode naviguent en eau sombre et dystopique, la collection printemps-été 2021 d’Ester Manas avance à contre-courant, portant un message d’espoir et d’optimisme! Superhuman, c’est des super femmes qui, par leur humour et leurs positions sociales, incarnent la solution de bienveillance et de positivité absolue que propose la marque pour venir à bout de nombreux maux dans notre société.

« Je crois que l'inclusivité, c'est aussi une solution de superhéros. D'une certaine façon, c'est un pouvoir magique! », raconte Ester. « Avec Balthazar, on s'évertue à créer des vêtements qui ne contraignent jamais le corps, pour que ces femmes aient une multiplicité de solutions et de façons de se draper, de s'habiller, de choisir elles-mêmes le design qui va les accompagner, dans lequel elles se sentiront bien, qui leur donnera le sentiment qu'elles sont absolument désirables! »